Ecrire sur l’eau
Canal de l’Ourcq
14 juin 2026
L'eau a une mémoire. Et les mots aussi.
Au bord du canal de l’Ourcq, à la passerelle des Jardins perdus à Aulnay-sous-Bois, des élèves du lycée Henri Sellier de Livry-Gargan ont écrit. Observé. Cherché les mots pour dire ce qui existe autour de soi, et ce qu’on a à l’intérieur. Et cette classe de première s’est prêtée à l’exercice avec un certain art graphique.
Ces ateliers d’écriture fluviale s’inscrivent dans un projet que je mène avec Jens Denissen et Le voyage métropolitain autour d’un patrimoine à la fois omniprésent et invisible : l’eau du 93. La plupart des rivières de Seine-Saint-Denis ont été recouvertes au XXe siècle. Sous le bitume et le béton, elles coulent encore. Ces jeunes vivent à côté du canal, mais qui leur a appris à le regarder ?
Ateliers d’écriture sur l’eau, part. 2
8 élèves volontaires. Une canicule. 20 minutes à pied jusqu’au canal.
Au parc de la Bergère à Bobigny, on s’est posés au bord du canal de l’Ourcq. Et on a écrit. Des élèves de seconde du lycée Louise Michel, venues sur leur temps libre. On a parlé des métaphores de l’eau, du flot de l’écriture , du débit vocal. On a évoqué Bachelard qui voyait dans l’eau une matière onirique. Et ensuite elles ont écrit des choses magnifiques…
Deux textes (extraits) qui m’ont arrêté :
Douce eau,
Petite goutte de pluie,
Qui tombe sur mon visage,
Elle fait un léger bruit,
Me rappelant la nostalgie des moments vécus,
Et continue son voyage.
— Chaïma
L’eau parle sans dire un mot,
Ou peut-être que si.
Elle coule comme les occasions ratées, comme les pensées qu’on fuit,
Elle court sous les ponts comme les mots blessants prononcés à autrui.
— Sena