Mon activité préférée : déambuler dans la ville
deambulat nec perditur, slogan de mon site Autour de Paris
Paris
19 juillet 2026
Dérive 13e/14e/94 : Gobelins → Denfert → place de Rungis → Gentilly et sa "banlieue de plâtre mou", dixit Robert Doisneau.
Comme souvent, la balade a commencé sans autre boussole que l’envie de traverser la ville et d’être traversé par elle.
Entre l’avenue du Général-Leclerc et l’avenue René-Coty se dresse l’ancien hôpital La Rochefoucauld, ex-maison royale de santé fondée en 1780. Le bâtiment a rouvert au public il y a un an, en mode « urbanisme transitoire ». Des associations et des écoles y ont pris leurs quartiers, comme Association Aurore, Le Recho, Esaj Ecole Speciale Architecture. Jardins encore en friche, bâtiment monumental, expos : le lieu respire l’entre-deux.
On y tombe sur une exposition du CAUE de Paris (Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et d’Environnement, fondé en 1977) consacrée à l’Atlas des paysages de Paris, dirigé par Paola Viganò, premier atlas de paysages à l’échelle d’une seule grande ville. Cartes des unités et structures paysagères, des seuils, où sont nommées et répertoriées des entités comme les coteaux de Romainville ou le Val-de-Bièvre.
Sa définition du paysage reprend l’article 1er de la Convention européenne du paysage (Florence, 2000) : une partie de territoire telle que perçue par les populations, dont le caractère résulte de l’action de facteurs naturels et/ou humains.
Le glossaire de l’Atlas retrouve cette idée de seuil, cette sensation d’ouverture ou de clôture lorsqu’on traverse une unité paysagère, qui fait écho à ce que Guy Debord théorisait en 1956 dans Les Lèvres nues :
« Entre les divers procédés situationnistes, la dérive se définit comme une technique du passage hâtif à travers des ambiances variées. »
Le CAUE vient de lancer une application smartphone, Détour, pour programmer ses propres balades. L’expo propose même un dispositif participatif, invitant quiconque le souhaite à prendre des photos contemporaines de lieux parisiens en écho à des clichés des années 1970.
La dérive, les clichés avant-après, l’exploration sensible du terrain… tout ça fait écho au site que j’ai lancé il y a dix ans, Autour de Paris…